Ne quittez pas
[s'il vous plaît]

CRÉATION 26 JANVIER 2018

Une lettre envoyée par un homme à la femme qu’il aime dans laquelle il lui explique les raisons qui le poussent à se séparer d’elle. De prime abord, une situation classique de rupture amoureuse qui serait banale si la lettre n’était pas devenue testament.
Quelques temps après, elle apprend qu’il s’est immolé par le feu dans la cours d’un lycée.

Face à la perte de sens et de repères que ressentent de plus en plus les jeunes occidentaux, et qui les conduisent parfois à commettre l’irréparable au nom d’une foi factice ou d’un but éphémère, ce spectacle suivra la quête d’une jeune femme qui cherche à comprendre pourquoi l’homme qu’elle aime s’est donné la mort de la façon la plus brutale et symbolique qui soit, par le feu, alors que le reste de son monde crie à l’attentat, poussé par une société dans laquelle règne désormais la peur.
Ce spectacle coup de poing, particulièrement adapté aux adolescents et aux jeunes adultes, questionnera le spectateur sur sa propre quête et l’interrogera sur la nécessité de l’engagement, et l’urgence de trouver son propre sens dans un monde qui semble en manquer cruellement, sans se laisser embarquer dans une foi qui n’est pas la sienne.

Créé à partir d’un concept scénique et numérique (projection de mapping vidéo sur structure en 3D), ce dispositif immergera l’acteur dans un all over d’images et de sons, reflets de la sur-abondance de virtuel dans nos sociétés, accentuant sa perte de repères et son impuissance face à l’irréparable.

Malgré la dureté de ses thématiques, Mon Amour est mort emmènera le spectateur, à travers le parcours du personnage principal, dans une véritable quête initiatique.



Texte et mise en scène : Maud Galet-Lalande

Lumière / Scénographie / vidéo : Nicolas Helle

Musique : Mélanie Gerber

Distribution : Maud Galet Lalande

Production : Cie Les Heures Paniques
Coproductions : Espace Grün - Cernay
Partenaires : Conseil département de la Moselle - Ville de Metz

L'Histoire

EXTRAITS

L'Histoire

Ne quittez pas [s’il vous plaît] est une pièce en trois actes sur la thématique des échanges au téléphone. Initié avec le texte inédit La Démarche écrit par Maud Galet Lalande, lauréat de l'appel à fictions radiophoniques 2020 "Imaginer le monde de demain" lancé par France Culture, la SACD et le Théâtre de la Ville de Paris, qui a été diffusé le 18 août 2020 sur les ondes de France Culture, il est également constitué des textes La Campagne et La Détermination. 

Ne quittez pas [s’il vous plaît] raconte les solitudes ordinaires, la perte du lien social et la difficulté d’aller vers l’autre. C’est aussi une pièce qui, par le biais de ses personnages, traite de ces engagements du quotidiens, ténus et presque invisibles, qui, mis bout à bout, pourraient bien créer des lendemains meilleurs.

 

Mais cette pièce donne avant tout la parole à ceux et celles qui ne s’expriment pas — ou plus — parce que leur voix sont trop souvent niées : l’objet-téléphone rapproche en effet les éloigné·s par son usage universel, dans le sens « dans tout l’univers » si tant est qu’on considère que l’univers est là où l’on habite. Et surtout, il y a comme cette nécessité urgente et commune de donner la parole à ceux et celles qui se taisent, écrasé·s par les mots des puissants et leurs représentations ; d’apprendre à réécouter les silencié·es, les oublié·es, les opprimé·es. les silencieux résignés qui ne croient plus en le pouvoir de l’expression car muselés par ceux qui décident et font tourner le monde.

 

Ne quittez pas [s’il vous plaît] fait réentendre ces voix à travers les histoires singulières de personnages qui osent enfin se ré-approprier la parole. 

Pour que nous réapprenions à les écouter.

 

La Démarche

C'est un peu comme ces 94 fois par jour où vous ignorez l'appel d'un numéro inconnu parce que c'est sans aucun doute du démarchage publicitaire, sauf que cette fois, vous décrocheriez.

la Campagne

 

Lorsque Katia, présentatrice star de l’émission radiophonique À l’écoute sans aucun doute, « l’espace de liberté où l’on vous donne la parole », reçoit l’appel d’Éric Capalan dit "Rico", agriculteur en Province, elle se dit qu’il y a là de la matière à faire de l’audimat. Mais il semblerait bien que l’appelant ne partage pas sa définition de la parole libre…

 

la Détermination

Sa théorie, sur laquelle elle travaille depuis de longues années, peut changer le monde. Franchissant les barrières téléphoniques, elle arrive enfin à le joindre : le Chef d’État.
Miracle, il accepte de l’écouter. … ou pas.

Texte et mise en scène : Maud Galet Lalande

Co-écriture (Acte 3) : Hervé Urbani

Assistanat et regard extérieur : Sébastien Rocheron

Avec : Hervé Urbani, Maud Galet Lalande

 

Création sonore et musicale : Mélanie Gerber

Scénographie et création vidéo : Nicolas Helle

Création lumière : Vincent Urbani

 

Administration : Isabelle Sornette

Diffusion : Judith Wattez

 

Production : Compagnie Les Heures Paniques (Metz)

 

Coproduction : 

Tropiques Atrium — scène nationale de Martinique ; Scène conventionnée Espace Bernard-Marie Koltès — Metz ; NEST THÉÂTRE Centre Dramatique National transfrontalier de Thionville-Grand Est ; La Passerelle — Rixheim.

 

Soutiens :

La Maison Rouge — Fort de France ; ARIA — Olmi Cappela ; Théâtre de Macouria —  scène conventionnée de Guyane ; Les Praticables — Bamako (Mali) ; 11 • Gilgamesh Belleville — Avignon ; Collectif Le Gueuloir ; France Culture ; SACD ; Théâtre de la Ville de Paris ;  Librairie Le nom de l’Homme — Lagrasse ; DRAC Grand Est ; Région Grand Est ; Ville de Metz.

Autres soutiens en cours.

 

La compagnie  Les Heures Paniques est conventionnée avec la Ville de Metz et la région Grand Est.

Durée prévisionnelle : 1h15.

Pièce tout public à partir de 12 ans.

CRÉATION 2022

La Démarche de Maud Galet Lalande.mpMaud Galet Lalande
00:00 / 15:00

"Je tiens à vous signaler que dans le cadre de notre démarche qualité, cette conversation est susceptible d’être enregistrée."

La voix  :

"Oui. Oui Monsieur Calembri. Brin. Je ne sais plus comment vous appeler.

L’interlocuteur : 

Appelez-moi de temps en temps. Ça ne sera déjà pas si mal."

Une pièce participative et transmédia

Ne quittez pas [s'il vous plaît] est donc une pièce sur la thématique du téléphone.

Par ce moyen de communication, elle soulève plusieurs thématiques souvent débattues dans la sphère publique mais presque jamais évoquées par celles et ceux qui n'y ont pas accès : les voix de toutes celles et ceux qu'on n'entend jamais car leur parole n'est que trop rarement prise en compte. C'est à dire : quasiment la majorité des citoyens de cette planète.

Il est temps de les écouter, il est temps de s'emparer de la parole.

C'est pourquoi nous avons ouvert une ligne téléphonique et créé un site internet spécialement dédiés au projet.

Sur le répondeur automatique, les participant•es volontaires pourront laisser un message en la langue qu'iels souhaitent, à propos de l'une des thématiques évoquées ci-dessous.

Ces appels, selon les choix, peuvent être 100 % anonymes.


Certains de ces messages seront intégrés au spectacle ; et tous seront en écoute sur le site internet spécialement créé pour ce projet. 

LE NUMÉRO DE TÉLÉPHONE

07 83 13 83 98


 

LE SITE INTERNET

www.nqp-svp.fr

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EXTRAITS

La Démarche

 

 

La voix : "Bonjour Monsieur Calembri, je me —

 

L’interlocuteur : — brin.

 

La voix : Pardon ?

 

L’interlocuteur : Calembrin.

 

La voix : Bonjour Monsieur Calembrin, je me présente, je suis Madame Allibert pour la société Galop-Sport, je me permets de vous contacter dans le cadre de la campagne mise en place par notre société, pionnière depuis neuf ans dans le domaine du sport en salle. En effet, Galop-Sport souhaite réaliser un grand sondage auprès de nos clients et — nous l’espérons, de nos futurs adhérents, afin de connaître leurs habitudes sportives dans le but de réaliser un profil personnalisé qui leur permettra — et quand je dis « leur », je parle de vous, Monsieur Calembrin — de suivre un programme parfaitement adapté dans l’une de nos trois-cent douze salles Galop-Sport présentes sur le territoire. Cette enquête ne vous prendra que quelques minutes, je vous remercie par avance de bien vouloir m’accorder —

 

"L’interlocuteur : Vous êtes une vraie personne ?"

[...]

L’interlocuteur : "Vous avez remarqué ? 

 

La voix : Quoi donc ?

 

L’interlocuteur : Je ne vous ai pas reprise. Monsieur Calembri, ça commence à me plaire. On dirait un mix de deux fromages. 

 

La voix : Un double cheese.

 

L’interlocuteur : Un double cheese ! Excellent. Vous avez de l’humour.

 

La voix : Merci Monsieur Calembrin.

 

L’interlocuteur : — bri.

 

La voix : Hein ?

 

L’interlocuteur : Je plaisantais."
 


[...]

 

L’interlocuteur : "Posez-moi vos questions, je suis tout ouï.

 

La voix : C’est la dernière, Monsieur Calembrin.

 

L’interlocuteur : Ça veut dire que nous allons raccrocher ensuite ?

 

La voix : Je le crains.

 

L’interlocuteur : Vous allez me manquer.

 

La voix : Vous êtes sympathique.

 

L’interlocuteur : Vous avez le droit, de me dire ça ?

 

La voix : Oui. C’est même encouragé. Nous devons flatter nos interlocuteurs pour qu’ils se sentent valorisés, et créer ainsi un climat de confiance et de convivialité.

 

L’interlocuteur : Ah. Donc votre compliment n’était pas honnête.

 

La voix : Il l’était, Monsieur Calembrin.

 

L’interlocuteur : Vous le jurez sur la tête de votre mère ?

 

La voix : Oui.

 

L’interlocuteur : Alors je suis content. Allez-y. Posez-moi votre dernière question."


 

A l'Antenne (la campagne)

Lui : "Je suis à l’antenne, là ?

 

Elle : Tout à fait ! En direct de notre émission Coeur sur la Ville, l’émission nocturne des insomniaques en peine d’amour, qui est là pour vous conseiller, en toute confidence… À retrouver tous les jours sur notre antenne de 23h à 2h du matin.

 

Lui : C’est à dire qu’au moment où je vous parle, les auditeurs m’écoutent ?

Elle : C’est le principe d’une émission en direct, oui.

 

Lui : Combien ?

 

Elle : Pardon ?

Lui : Combien d’auditeurs qui m’écoutent ?

Elle : Je ne sais pas exactement, Rico, je dirai entre 100 et 200 000.

 

 

Un temps.

 

 

Elle : Vous êtes toujours là ?

Lui : Ça fait beaucoup, quand-même. C’est intimidant.

 

Elle : Rico, Vous nous avez appelés, nous allons vous répondre. Car Coeur sur la Ville, l’émission des insomniaques en peine d’amour, est là pour vous conseiller, en toute confidence. Quel est votre problème, Rico ?

 

Lui : Katia, je voulais tout d’abord vous dire que je vous apprécie beaucoup. J’écoute votre émission tous les vendredis soir et j’aime bien comment vous écoutez les gens. C’est ça : je vous trouve à l’écoute."

[...]

Elle : "Et donc votre ami pauvre craint de ne pouvoir plaire à sa belle… 

 

Lui : Voilà.
(Rectifiant :) … Heu. Je n’ai pas dit qu’il était pauvre.

 

Elle : Il est pourtant agriculteur.

 

Lui : Tous les agriculteurs ne sont pas pauvres !

 

Elle : Bien sûr. Comme tous les socialistes ne sont pas fourbes."

 

[...]

"Lui : Et vous, vous êtes infantilisante. Vous m’infantilisez. Depuis le début de notre conversation, vous me parlez comme si j’avais 4 ans. Pourquoi ? Parce que j’ai moins de valeur ajoutée qu’un graphiste du Val de Marne ou qu’un sociologue de Levallois avec des lunettes carrées ? Ah, je vous la coupe ! J’ai dit « Val de Marne » et « Levallois », vous pensiez que pour moi, Paris c’était juste les porte-clés Tour Eiffel et les embouteillages sur le périph ? 

 

Elle : Je n’ai pas dit ça, Rico. Les Provinciaux connaissent aussi le Sacré-Coeur et le Paris Saint-Germain.

 

Lui : Et vous ? Vous connaissez Metz ?

 

Un temps.

Elle : Bien-sûr".