Compagnie Les Heures Paniques / Association loi 1908 / Metz

Compagnie conventionnée avec la région Grand Est et la Ville de Metz

N° SIRET : 532 058 484 00017 / Code APE: 9001Z Arts du spectacle vivant / Licence d’entrepreneur de spectacles : 2-1064966

Une lettre envoyée par un homme à la femme qu’il aime dans laquelle il lui explique les raisons qui le poussent à se séparer d’elle. De prime abord, une situation classique de rupture amoureuse qui serait banale si la lettre n’était pas devenue testament.
Quelques temps après, elle apprend qu’il s’est immolé par le feu dans la cours d’un lycée.

Face à la perte de sens et de repères que ressentent de plus en plus les jeunes occidentaux, et qui les conduisent parfois à commettre l’irréparable au nom d’une foi factice ou d’un but éphémère, ce spectacle suivra la quête d’une jeune femme qui cherche à comprendre pourquoi l’homme qu’elle aime s’est donné la mort de la façon la plus brutale et symbolique qui soit, par le feu, alors que le reste de son monde crie à l’attentat, poussé par une société dans laquelle règne désormais la peur.
Ce spectacle coup de poing, particulièrement adapté aux adolescents et aux jeunes adultes, questionnera le spectateur sur sa propre quête et l’interrogera sur la nécessité de l’engagement, et l’urgence de trouver son propre sens dans un monde qui semble en manquer cruellement, sans se laisser embarquer dans une foi qui n’est pas la sienne.

Créé à partir d’un concept scénique et numérique (projection de mapping vidéo sur structure en 3D), ce dispositif immergera l’acteur dans un all over d’images et de sons, reflets de la sur-abondance de virtuel dans nos sociétés, accentuant sa perte de repères et son impuissance face à l’irréparable.

Malgré la dureté de ses thématiques, Mon Amour est mort emmènera le spectateur, à travers le parcours du personnage principal, dans une véritable quête initiatique.



Texte et mise en scène : Maud Galet-Lalande

Lumière / Scénographie / vidéo : Nicolas Helle

Musique : Mélanie Gerber

Distribution : Maud Galet Lalande

Production : Cie Les Heures Paniques
Coproductions : Espace Grün - Cernay
Partenaires : Conseil département de la Moselle - Ville de Metz

L'Histoire

EXTRAITS

L'Histoire

Vlad a cinquante ans, peut-être un peu moins, sans doute un peu plus. Entre deux verres de bières, il tombe amoureux de Dolly dont il deviendra le complice de plein gré. Elle, est tantôt majeure, tantôt ado et voit le monde en variations de lumière. Après un meurtre qu’elle a commis sur un coup de tête, le couple partira en cavale sur les routes nationales de Province, au milieu de paysages plats baignés de lumières floues. Acteurs principaux d’un fait-divers, et bientôt « placés sur la liste des personnes les plus recherchées du pays », Vlad et Dolly ne cessent pourtant de rêver de mariage, de maison confortable et de vie normale ; et leur cavale à travers un pays de zones périurbaines et d’inégalités sociales, deviendra l’épopée de deux héros tragiques, symboles d’une époque en crise. 

Et l’amour, qui jamais, ne quittera leur route. 


Texte : Lola Molina
Mise en scène : Maud Galet Lalande
Lumière, scénographie et vidéo : Nicolas Helle
Création musicale : Michel Zeches
Assistant à la m.e.s : Antoine Colla


Avec : Eugénie Anselin et Serge Wolf.


Production : Théâtre du Centaure (LUX), Théâtres de la Ville de Luxembourg (LUX)

Coproduction : KHN (LUX)
Diffusion : Cie Les Heures Paniques (FR)

" C'est pas gris, c'est la nuit en un tout petit peu plus clair."

VLAD : "C'est quoi ça ?


DOLLY : Bah c'est le sac de bouffe


VLAD : Et je prépare quoi comme repas avec ça moi ? Hein ?

Tu pourrais pas choper autre chose que des chips et des Kinder ?"

EXTRAITS

 

DOLLY : "Au comptoir. C'est là que je t'ai vu. Quand tu t'es retourné vers la salle.
Je t'ai vu aussi clairement que si tu avais été injecté de produit de contraste.

 

VLAD : J'hésitais à commander encore à boire.

 

DOLLY : T'as pensé quoi en premier quand tu m'as vue ?

 

VLAD : Que c'était hallucinant d'arriver à boire un chocolat chaud en même temps que tu mâchais un chewing-gum et que tu fumais. Aussi je me suis demandé quel goût ça pouvait avoir.

DOLLY : C'est pas vrai
 

VLAD : Non c'est pas vrai.
Plus tard j'lui ai demandé t'as quel âge, elle m'a dit tu crois qu'j'ai quel âge, j'ai dit dix-huit... dix-neuf...

 

DOLLY : dix-neuf oui.
Quoi ?

 

VLAD : Rien."

 


[...]

DOLLY : "Vlad. Vlad.

Ça sonne comme une espèce de prénom maudit, c'est pas le nom de satan dans une autre langue ? Comme un peu le nom secret du malin. Le nom qui porte malheur si tu le prononces à voix haute ou qui peut être prononcé que par une vierge les nuits sans lune. Vlad.
 

VLAD : C'est pas moi qui ait du sang partout.

DOLLY : Quoi ?

 

VLAD : Du sang. T'as des minuscules tâches de sang dans la nuque et dans les cheveux.

DOLLY : Merde, oh merde montre

VLAD : Là regarde

DOLLY : Tu peux me les enlever s'il te plait enlèves-les"
 

[...]

DOLLY : "Le soleil se lève pas.

VLAD : Quoi ?

 

DOLLY : Le soleil. Il se lève pas. Ça fait un bon moment que je regarde. Tu vois là, au bout de l'esplanade derrière l'hôtel, y a une Poste, faut que je retire de l'argent. A la Poste, obligatoirement à la Poste, ma carte passe pas ailleurs. J'attends que le soleil se lève, la Poste doit ouvrir à l'heure du lever du soleil en ce moment. Mais il se lève pas.
 

VLAD : Il fait gris


DOLLY : C'est pas gris, c'est la nuit en un tout petit peu plus clair."

[...]

DOLLY : "On est dans tous les journaux, Ouest-France me surnomme la fille aux deux flingues, les flics nous soupçonnent de tous les braquages de la région alors qu'on est descendu dans le sud depuis longtemps.
Je suis accusée de meurtre pour un flic à la sortie de l'Etap-Hôtel à Bagnolet et de tentative de meurtre pour la fille du lycée. On me le fout sur le dos parce que j'ai pris la fuite et que je ne suis pas allée au rendez-vous fixé par la flic.
Tentative de meurtre. Elle n'est pas morte : elle est increvable.
Vlad est accusé aussi.
Beaucoup.
Je lui demande s'il est d'accord pour m'apprendre à me servir de sa machine à tatouer.

 

VLAD : Non non Dolly je veux pas te tatouer pour de vrai, je l'ai jamais voulu d'accord ? J'aime seulement te faire des tatouages imaginaires avec mes doigts Dolly. Cette valise j'la traîne juste par habitude tu sais mais jamais j'ai eu l'idée de te planter ces aiguilles sous la peau je te jure
 

DOLLY : Je sais Vlad. C'est toi que je veux tatouer. Mais je sais pas me servir de ce truc.

VLAD : D'accord, d'accord je peux t'apprendre.

DOLLY : Ok je fume une clope et on y va.

 

VLAD : En lui apprenant j'ai regardé ses toutes petites mains et je les ai trouvées à la fois pratiques pour manipuler les aiguilles et adorables quand elle tient le pistolet à tatouer.


DOLLY : Enlève ton t-shirt et allonge-toi. T'es prêt ?
 

VLAD : Oui.

DOLLY : T'as peur ?

VLAD : Non.

 

DOLLY : Je commence par un petit trait d'accord ?
 

VLAD : Ok
 

DOLLY : Je dessine ma courbe de croissance, elle est très belle parce qu'elle a toujours été légèrement plus haute que la moyenne, j'indique les mesures de mon périmètre crânien depuis ma naissance. J'étais une enfant brillante, je voulais grandir et mon corps répondait parfaitement à ma volonté. Je laisse de la place pour la suite des courbes poids, taille, température, tu verras que je vais bien, tout le monde pourra le voir.

Tu prends bien soin de moi."