Compagnie Les Heures Paniques / Association loi 1908 / Metz

Compagnie conventionnée avec la région Grand Est et la Ville de Metz

N° SIRET : 532 058 484 00017 / Code APE: 9001Z Arts du spectacle vivant / Licence d’entrepreneur de spectacles : 2-1064966

LES chemins de traverse

Mathilde veut écrire sur le Printemps Arabe. Pour cela, elle rencontre de joyeux fanfarons autour d’une table quelque part sur les bords de la Méditerranée. Sauf que selon eux, le Printemps Arabe n’a jamais eu lieu. A-t-on déjà vu un printemps en hiver ?
La Révolution ne gronde plus que dans les coeurs, et les fumigènes ont laissé la place aux vapeurs de l’alcool.
On s’essuie les yeux sur un coin de nappe en préparant la prochaine révolte qui risque fort de rester coincée sous la table.
Pourtant, le conflit gronde au dehors, et l’Européen, personnage énigmatique venu de partout et de nulle-part, invite la zizanie autour de la Tablée.
Résistera-t-elle à l’arrivée du chaos qui attend sur le pas de la porte ?


Texte : Maud Galet Lalande
Traduction : Mahmoud Chaalbi
Mise en scène : Ahmed Amine ben Saad et Maud Galet Lalande
Lumière : Nicolas Helle
Musique : Mélanie Gerber
Distribution en cours

Production : Compagnie Les Heures Paniques
Soutiens : Festival Passages
En cours


 

"Maamoun a voulu faire une manifestation avenue Bourguiba pour réclamer le retour des bouteilles de boukha d’un huitième de litre. On l’en a dissuadé."

L'Histoire

« Un chemin de traverse, c'est un chemin non balisé qui permet d'atteindre un but sans passer parles circuits officiels. C'est une voie clandestine empruntée pour rejoindre un pays. C'est une route dangereuse prise pour en fuir une autre. Ce sont plusieurs chemins qui se croisent en un point pour parfois n'en former qu'un seul.

 

Depuis septembre 2017, j'ai croisé plusieurs de ces chemins de traverse. Des voies qui, à un moment donné, ont rejoint la mienne alors que nous n'aurions pu, peut-être, jamais nous rencontrer. Il s'agit de raconter l'exil, de partir de l'intime pour raconter l’universel.

Car si Damir, John, Diallo et Skender sont bien des demandeurs d'asile, ils sont aussi des citoyens du monde avec leurs histoires, leurs rêves et leur personnalité. »

De et avec : Damir Asimovic, Diallo, Skender Ibraim et Maud Galet-Lalande, avec la participation de John Smith.

Mise en voix : Maud Galet-Lalande.

Surtitrage et régie : Mélanie Gerber.

"Mais un jour, mon nouveau chemin s’est terminé dans une impasse, quand j'ai reçu une lettre m'informant du rejet de ma demande d'asile. [...] Je devais, une fois encore, quitter une vie heureuse pour reprendre la route."

« Mais dans quel monde je suis ! Ils sont tous en train de courir comme si il y'avait un danger derrière ! ». 

"Et même si l’on nous pousse au dehors de la voie que nous traçons de nos pas, même si l’on nous jette en arrière ou même s’il l’on nous tue, nous avancerons toujours."

EXTRAITS

DIALLO : [...] "Moi, mon rêve, c’était de devenir une personnalité politique importante, pour lutter contre les inégalités et améliorer les conditions de vie dans mon pays. C’est pour ça, que, à peine majeur, j'ai adhéré à un parti politique de l'opposition et ça n'a pas été tout rose pour moi vis-à-vis des autorités du pays. J’ai été emprisonné pour cette raison.

 

En 2016, j’ai réussi à sortir clandestinement de la prison où j’avais passé plusieurs mois. Recherché et craignant pour ma vie, j’ai dû fuir le pays sans même avoir le temps de dire au revoir à ma famille et à mes amis. Le chemin alors emprunté allait me faire traverser le Mali, l’Algérie, le Maroc et l'Espagne pour atteindre enfin la France après plusieurs mois.

 

DAMIR — Moi j’ai traversé la Serbie, la Hongrie, l’Autriche et l’Allemagne.

 

SKENDER — Et moi je ne vous fait pas la liste de tous les pays que j’ai traversés parce que sinon, on y est encore demain.

 

DIALLO — Et toi, Maud ?

 

MAUD — Moi j’ai rêvé de partir. J’ai rêvé d’un exode. D’une fuite. D’un départ. J’ai rêvé d’un changement radical.

... J’ai beaucoup rêvé, en fait." 

[...]

SKENDER : "De Serbie, je suis allé en Suède pour essayer de vivre là-bas mais étant originaire des Balkans, la Suède n'acceptait personne de cette région.
J'ai pu travailler au marché noir pendant quelques mois et économiser de l'argent.

J’étais désespéré et je me disais :

 

DIALLO — « Dans mon pays d’origine, je risque ma vie tous les jours, à chaque coin de rue »

SKENDER — « Mon pays d’origine ne veut plus de moi et ne me reconnait pas comme un de ses citoyens »

       

DAMIR — « Le pays où je cherche refuge n’accepte pas les personnes originaires des Balkans »

SKENDER — Je devais donc trouver un endroit où je pourrais enfin m’installer en gagnant ma vie de manière légale et vivre sereinement."

[...]

MAUD — "Il semblait ne pas y avoir trop de soucis avec les autorisations de séjour, à ce moment-là. Était-ce l’époque, annonciatrice des millions de réfugiés de guerre qui demanderaient bientôt l’asile dans des pays du monde entier ? Ou l’axe de l’exil ? Un exode qui a mené ma grand-mère du Nord-Ouest à l’Est, puis du Nord au Sud, tellement plus tolérable dans ces sens-là ?

 

DAMIR — Oui, c’est clair.

 

SKENDER — Tu m’étonnes.

 

DIALLO — Moi j’ai fait le chemin du Sud au Nord.

 

SKENDER — Et moi de l’Est vers l’Ouest.

 

DAMIR — Moi aussi. 

J’ai quitté la Serbie dans un minibus qui m’a conduit jusqu’en Autriche, près de Passau, à la frontière allemande. De là, j'ai pris un bus pour aller en Allemagne. J'y ai vécu 18 mois, puis j'ai rencontré une amie qui est devenue ma femme et avec qui j'ai vécu pendant plusieurs mois. Je vivais enfin heureux et en sécurité. Mais un jour, mon nouveau chemin s’est terminé dans une impasse, quand j'ai reçu une lettre m'informant du rejet de ma demande d'asile. Je ne pouvais pas rester en Allemagne et devais, une fois encore, quitter une vie heureuse pour reprendre la route."

PHOTOS (répétitions)

VIDÉO

Reportage France 3 Grand Est